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L’obsolescence programmée et le droit à réparer un produit

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Parlons d’obsolescence

Traditionnellement, l’obsolescence était associée à des produits qui fonctionnent encore très bien, mais que nous jetons à la poubelle pour les remplacer par des nouveaux. Par ex. les téléviseurs à écran plat vs les appareils à écran cathodique.

GM a été un des premiers manufacturiers dans les années 20 à changer ses modèles de voitures chaque année, rendant le modèle de l’an dernier moins attrayant pour le public. Avant cette époque, le modèle T de Ford était demeuré inchangé pendant 20 ans, de 1908 à 1927.

Et d’obsolescence programmée

Tout d’abord, définissons le terme d’obsolescence programmée : il s’agit d’un ensemble de techniques utilisés pour réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit, pour en augmenter le taux de remplacement. L’apparition des produits électroniques et des ordinateurs dans les années 80 a confirmé l’utilisation de cette façon de «construire cheap».

Ces techniques consistent à créer du matériel délibérément conçu pour ne pas pouvoir évoluer, par ex. limité la taille de la mémoire auxiliaire, ou encore la conception de produits comprenant des «fragilités» délibérées (condensateurs électrolytiques peu durables, pièces de fatigue non renforcées, etc.)

La vieillesse prématurée

Le mouvement écologiste à travers le monde a récemment lancé une offensive pour interdire cette pratique de non-durabilité planifiée. Tout ça à commencer avec l’interdiction en Europe des cartouches d’encre munie de puce interdisant leur réutilisation.

En 2014, le gouvernement français a obligé les fabricants à inscrire sur tout appareil de plus de 400 $ la durée de vie estimée du produit, ce qui représente en réalité la garantie légale du fabricant.

Le droit à réparer 

En 2003, 2 étudiants de Californie ont décidé de réparer eux même leurs vieux ordinateurs iBook d’Apple, qui selon le fabricant ne pouvait être réparé. Sans manuel ou ni pièce de rechange, ils ont procédé par essais et erreur, en trouvant des pièces dans d’autres ordinateurs supposément condamnés. Ils ont créé le service Ifixit et mis en branle la campagne du Droit à réparer.

Un autre organisme américain, Digital Right to Repair, a réussi à lancer des projets de loi dans les états de NY et du Minnesota pour obliger les fabricants d’appareils électroniques à fournir des pièces, des manuels de réparation et surtout des informations sur les logiciels de diagnostic.

Mais l’obsolescence programmée existe-t-elle vraiment?

Pierre Duhamel, journaliste au magazine l’Actualité quant à lui affirme que l’obsolescence programmée est un mythe. Que ce complot des méchants capitalistes n’existe pas. Il prétend que le consommateur a toujours le choix de payer 500 $ pour un frigo qui cessera de fonctionner dans 10 ans plutôt que le double pour un frigo qui durera 2 fois plus longtemps. Selon lui, le consommateur a toujours le choix d’acheter soit des produits de qualité à fort prix ou encore des appareils bas de gamme, à bas prix, qui dureront beaucoup moins longtemps.

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