≡ Menu

Êtes-vous info-obèse et peut-on vraiment en guérir?

Pour écouter la chronique en Mp3

  Plusieurs chercheurs ont remarqué que le fait de consommer continuellement de l’information à demande, soit par les chaines d’information continue ou simplement par le web, nous fait tranquillement perdre notre sens critique. Ce que l’on appelle la surcharge informationnelle ou Information overload. Nous pourrions comparer cette situation à une personne qui ne mangerait que de la bouffe minute, et perdrait lentement le goût de mets raffinés ou du bon vin. Mais comment peut-on en arriver à émousser lentement nos capacités intellectuelles sur le web?

Vite et court

Prenons notre faculté de lire. Depuis l’arrivée du web, les analystes remarquent que les ventes de livres par personne (numériques ou papiers) stagnent. Les gens lisent quand même beaucoup, mais un peu comme des enfants, ils ne consomment en majorité des textes qui ne dépassent pas 500 mots. Par exemple, depuis l’arrivée de l’application La Presse+, plus aucun reportage ne dépasse 500 mots; fini les dossiers en profondeur qui s’étalaient autrefois sur deux ou trois 3 pages. Les internautes veulent ça court, sans changer de page, avec images et vidéos. Pourquoi savoir écrire? Les logiciels de correction automatique ont remplacé les règles de grammaires, de syntaxes et de conjugaison. Même chose pour les divisions et les multiplications, plus besoin de savoir compter puisque le chiffrier le fait pour moi.

La mémoire défaillante

L’intelligence artificielle cachée dans notre téléphone a fait de nous des dépendants affectifs de cette technologie. Plus besoin de se rappeler des numéros de téléphone, de se souvenir de la route pour aller chez nos amis puisque j’ai mon GPS dans le creux de ma main. Et plus besoin de parler de mes dernières vacances à mes proches puisque j’ai déjà affiché mes photos à 300 personnes dans mon réseau social: une autre importante source de surcharge informationnelle. Nicolas Carr dans l’article « Est-ce que Google nous rend idiot? » nous dit :

« L’idée que nos esprits doivent fonctionner comme des machines traitant des données à haute vitesse n’est pas seulement inscrite dans les rouages d’Internet, c’est également le modèle d’affaires qui domine le réseau. Plus vous surfez rapidement sur le Web, plus vous cliquez sur des liens et visitez de pages, plus Google et les autres compagnies ont d’occasions de recueillir des informations sur vous et de vous nourrir avec de la publicité.

La plupart des propriétaires de sites commerciaux ont un enjeu financier à collecter les miettes de données que nous laissons derrière nous lorsque nous voletons de lien en lien : plus y a de miettes, mieux c’est. Une lecture tranquille ou une réflexion lente et concentrée sont bien les dernières choses que ces compagnies désirent. C’est dans leur intérêt commercial de nous distraire. »

L’intoxication vs l’infoxication

La surcharge informationnelle mène à l’infoxication. Ma mère qui a toujours été relativement critique, informée et impliquée socialement, passait ses hivers en Floride après le décès de mon père. À force d’écouter les canaux d’informations continus de Miami qui ne parlaient que de crimes, de meurtres ou de viols, elle s’est lentement refusé de sortir de son condo parce que selon elle le monde extérieur était devenu hostile, violent et dangereux. Pourtant elle vivait à 200 km au nord de Miami, dans un endroit sécuritaire et bien protégé. Mais son info-obésité à l’information de mauvaise qualité avait altéré son sens critique. Ne sommes pas tous un peu comme ma mère suite aux événements récents en France avec Charlie Hebdo? bande dessinee - iol

Laisser un commentaire :